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Des bénévoles ont vécu leur rivière comme des saumons, des cerfs et des vers de terre, puis prévu une campagne de 30 ans pour la sauver

Dans le Somerset, 18 bénévoles ont été formés aux sens de cinq animaux locaux avant d'explorer de leur point de vue la rivière Tone, touchée par la pollution. Les risques repérés ont été cartographiés dans une base de données en ligne et nourrissent une campagne locale de longue haleine pour faire revivre la rivière.

CommunautéÉquipe éditoriale GNGV4 min de lectureRevu le 26 octobre 2026

Photo: Lewis Clarke / Wikimedia Commons (s’ouvre dans un nouvel onglet) · CC BY-SA 2.0

Que ressentent les êtres vivants d'une rivière polluée ? Dans le Somerset, en Angleterre, un groupe de bénévoles a voulu le découvrir, et ce qu'il a appris a inspiré un plan à long terme pour redonner vie à sa rivière. Positive News a raconté cette histoire le 19 octobre 2026.

Le projet de recherche, baptisé Risks Beyond Human Eyes (« les risques au-delà du regard humain »), a été mené par l'université de l'Ouest de l'Angleterre et l'Accelerator for Systemic Risk Assessment (ASRA), avec un financement de l'Ecological Citizen Network. Dix-huit bénévoles ont été formés à la physiologie et aux capacités sensorielles d'un animal choisi — cerf élaphe, faucon crécerelle, ver de terre, loutre ou saumon atlantique — avant de parcourir la rivière Tone pour vivre son monde au plus près.

Les résultats ont été révélateurs. Jake Lawy, qui a exploré la rivière dans la peau d'un saumon, a nagé dans une eau polluée et pauvre en oxygène et en a tiré des idées concrètes, comme éteindre l'éclairage public près de la rivière et supprimer d'anciens seuils. « Une fois qu'on l'a vu, on ne peut plus l'ignorer », a déclaré Lawy. Une participante qui vivait le paysage comme un cerf a constaté qu'un remblai entassé derrière une clôture modifiait tant les odeurs qu'elle ne savait plus où elle se trouvait, et une personne spécialiste de l'écologie des sols, explorant le terrain comme un ver de terre, a été submergée de façon inattendue par les vibrations d'un groupe électrogène agricole.

Phil Tovey, qui dirige l'ASRA, a conçu la recherche et a servi dans les Royal Marines Commandos, estime que compter les populations ne dit rien de la qualité de vie de chaque animal. L'étude a repéré et cartographié les risques pour la faune dans une base de données en ligne, sur laquelle la communauté s'est appuyée pour élaborer une campagne de 30 ans visant à revitaliser la Tone. Sa planification adapte un document en libre accès du ministère britannique de la Défense consacré aux opérations complexes et de grande ampleur, s'inspire d'une base de données mondiale de l'action non violente et prévoit de passer à des tactiques non violentes plus affirmées si les premières approches échouent.

Il est encore tôt : l'article ne fait état d'aucun changement mesuré dans la rivière, et les détails de la campagne restent confidentiels pour des raisons stratégiques. Mais le projet propose une manière nouvelle et inventive de prendre soin des rivières locales, qui commence par se demander ce que vit la rivière du point de vue de ceux qui ne peuvent pas parler. Un webinaire public sur les enseignements du projet est prévu le 18 novembre.

Pourquoi c’est important

Voir une rivière à travers les sens des animaux aide les habitants à repérer des nuisances cachées, comme la lumière, le bruit ou les passages bloqués, que les relevés classiques peuvent manquer.

Sources

Ce que vous pouvez faire

Lisez l'article complet sur Positive News et rejoignez ou créez un groupe local qui prend soin d'un cours d'eau près de chez vous.

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