Des agriculteurs britanniques cartographient les foyers de limaces et divisent par deux l’usage de granulés dans des fermes pilotes
Un projet de recherche de trois ans mené par des agriculteurs, baptisé SLIMERS, a créé des cartes de prédiction des limaces pour ne traiter que les zones du champ où elles se regroupent ; les fermes pilotes ont réduit en moyenne de 50 % leur usage de granulés.
InnovationÉquipe éditoriale GNGV5 min de lecture

Les limaces sont un casse-tête coûteux pour les grandes cultures au Royaume-Uni, avec des dégâts estimés à 44 millions de livres par an. La réponse habituelle consiste à épandre des granulés anti-limaces sur des champs entiers. Un projet de recherche mené par des agriculteurs a montré qu’une approche plus précise peut fonctionner : repérer où se trouvent vraiment les limaces et ne traiter que ces zones.
Le projet, baptisé SLIMERS (acronyme anglais de « stratégies pour une meilleure gestion et une résilience accrue face aux limaces »), était un programme de trois ans doté de 2,6 millions de livres, financé par le Farming Innovation Programme du Defra, le ministère britannique de l’Environnement et de l’Agriculture, mis en œuvre par Innovate UK et achevé en août 2026. Il était piloté par le réseau britannique d’innovation à la ferme (BOFIN), avec des partenaires comme la Harper Adams University, le UK Agri-Tech Centre, le John Innes Centre, Fotenix, Farmscan Ag et Agrivation.
Au cœur du projet, 28 agriculteurs et agronomes « détectives des limaces » ont piégé et compté les limaces et prélevé des échantillons de sol. Ces données ont alimenté un modèle informatique, PatchPrediction, qui produit des cartes des endroits du champ où les limaces risquent d’apparaître. Il devient alors possible d’utiliser du matériel d’épandage ciblé, dont un applicateur automatique de granulés, pour ne traiter que les foyers et non la parcelle entière. Selon Positive News, les fermes pilotes ont réduit en moyenne de 50 % leur usage de granulés, et l’approche pourrait faire économiser environ 6 millions de livres par an aux grandes cultures britanniques. Des scientifiques du John Innes Centre ont en outre identifié trois régions du génome du blé liées à la résistance aux limaces, une piste pour sélectionner des variétés plus robustes.
« Les agriculteurs méritent plus de respect pour leur intelligence : personne ne connaît mieux la terre », a déclaré Tom Allen-Stevens, qui a fondé BOFIN. Keith Walters, universitaire ayant participé au projet, partage cet enthousiasme : « Je n’ai aucun doute que nos agriculteurs ont collecté des données avec la même précision que des techniciens formés. »
Ces résultats proviennent de fermes pilotes, et une adoption plus large dépendra des performances des outils selon les sols, les saisons et les budgets. Mais le projet illustre parfaitement une recherche menée avec les agriculteurs plutôt que pour eux, et montre comment une meilleure information peut signifier moins de produits chimiques dans les champs.
Pourquoi c’est important
Ne traiter que les zones où se regroupent les limaces peut diviser par deux l’usage de produits chimiques et réduire les coûts des agriculteurs, tout en protégeant les cultures.
Sources
Ce que vous pouvez faire
Dans votre jardin, privilégiez une lutte ciblée et respectueuse de la faune contre les limaces plutôt que d’épandre des granulés partout ; découvrez le projet à la source.